• Huaraz, 20 septembre 2014 (1)

    L'avion nous a menés rapidement à Lima où nous passons la nuit.

    C'est notre deuxième passage à Lima, mais nous n'avons toujours pas eu le temps de visiter !

    Le lendemain matin, nous allons à la gare routière pour prendre un bus régulier qui va nous mener à Huaraz.

    On nous annonce 400 km et 7 à 8 heures de route.

    C'est un car de grande taille, très confortable. Nous sommes à l'étage supérieur, ce qui nous permettra de suivre un peu le paysage. Mais il n'y a pas d'arrêt prévu.

    Pendant une heure et demie nous traversons Lima du sud au nord, avec des embouteillages monstres, puis les quartiers nord, où les bidonvilles se succèdent.

    Enfin, nous rejoignons la côte du Pacifique, que nous avions suivie vers le sud lors de notre arrivée au Pérou. Le paysage est désertique, avec sable, cactus, rochers, et surtout brouillard.

     

    Puerto Maldonado- Lima - Huaraz

    Peu après Caral, la route s'enfonce vers l'intérieur des terres en direction de la Cordillère des Andes. Très vite la route rétrécit, et la montée devient rude pour ce gros car qui doit souvent manœuvrer dans les virages serrés, surtout lorsqu'un camion arrive en sens inverse.

    Nous atteignons la Cordillère Huayhuash. De petits villages sont traversés doucement et la route monte toujours.

    Enfin, nous arrivons à Huaraz en début de soirée.

    Huaraz est située sur la rivière Santa, à 3052 mètres d'altitude. Elle est bordée à l'ouest par la Cordillère Noire (moins haute et donc sans neige) et à l'est par la Cordillère Blanche (plus haute et donc enneigée).

    Huaraz compte environ 90 000 habitants. C'est une petite ville très animée, d'autant plus qu'elle accueille de nombreux vacanciers mais aussi des randonneurs et des alpinistes. Elle est considérée comme le Chamonix Péruvien ! Et c'est vrai que tout le monde est dans la rue. Le marché en plein air est permanent, et on croise des groupes animés de sportifs en route vers les hauts sommets de la Cordillère.

    Nous faisons la connaissance de notre quatrième guide, Martin, qui nous propose deux randonnées dans les montagnes proches. Il a tout de suite compris ce qui nous intéressait. Nous dînons (fort bien) dans un tout petit restaurant situé derrière la Place d'Armes puis regagnons notre hôtel.

    Tôt le lendemain, nous prenons la direction de la Cordillère Noire.

    Martin nous distribue, à notre grande surprise, des paquets de biscuits à base de céréales et des jus de fruits "pour la route".

    Nous empruntons un petit pont sur la rivière Santa. Tout de suite après, le chemin monte, bordé de figuiers de barbarie, infestés de cochenilles.

    Rivière Santa

    Les Incas extrayaient un rouge carmin et l'aje à partir de grosses cochenilles de 2 centimètres de long. L'aje est une sécrétion jaune, graisseuse et imperméabilisante produite par Llaveia axin (Llave). Il servait aussi de base aux peintures (dont sur le visage). Poteries, bateaux, bois ou gourdes étaient imperméabilisés par de l'aje. Enfin, l'aje était aussi un remède contre la diarrhée et un analgésique contre la goutte. En altitude, il protégeait la peau des engelures et gerçures. (Wikipedia)
     

    Figuier de barbarie et cochenille

    Encore aujourd'hui, la cochenille est récoltée sur les figuiers de Barbarie et transportée dans les usines d'extraction du colorant à proximité des zones de production. Les insectes cueillis à la main sont séchés au soleil avant d'être vendus aux transformateurs de carmin.

    Corfillère Noire

    Au fur et à mesure que nous montons, la vue s'étend vers la vallée de la Santa. Et en face, majestueux, énorme, le Huascaran se dévoile à travers les nuages.

    Cordillère Noire

    Nous montons tranquillement et régulièrement entre des champs cultivés de céréales. Quelques animaux domestiques (vaches, ânes, moutons, cochons) paissent en liberté totale dans des espaces en jachère, parfois accompagnés d'un paysan qui cultive un carré de légumes.

    Cordillère Noire

     

    Cordillère Noire

    Et puis, au détour d'un chemin, nous tombons sur une école !

    Ecole de Chilca

    En 1990, le Pérou végétait et n'arrivait pas à se sortir d'une situation précaire. Le gouvernement de Fujimori a alors décidé d'implanter des écoles partout. Chaque école porte un numéro et draine les enfants des fermes éparses. Des instituteurs ont été formés en grand nombre.

    Vingt ans plus tard, le PIB du Pérou augmente annuellement de 7%, l'analphabétisme disparaît progressivement, un million de personnes ont quitté le seuil de pauvreté et... Fujimori est en prison (mais ceci est une autre histoire... ) Il existe encore des villages indiens isolés, notamment en Amazonie, où les maladies endémiques et la malnutrition sévissent encore. Tout n'est pas réglé, loin de là, mais la situation s'améliore considérablement.

    Ecole de Chilca

    Et donc à 3 750 mètres d'altitude, au milieu de nulle part, dans la Cordillère Noire, nous voici dans une école tenue par une institutrice.

    Ecole de Chilca

    Martin prend la pose au milieu des enfants. Avec un grand sourire, il nous rappelle que nous avons dans nos sacs des biscuits et des sodas... que nous distribuons volontiers ! Il avait organisé le coup, le bougre !

    Ecole de Chilca

     Les enfants discutent volontiers (en espagnol et en quechua, Martin traduit)...

    Ecole de Chilca

    ... et se prêtent volontiers aux photos, contrairement à l'institutrice qui refuse en souriant. Je respecte son choix (je demande  toujours avant de photographier et respecte, bien sur, les refus)

    Ecole de Chilca

    Nous passons un moment avec eux puis nous reprenons notre chemin, les enfants retournent en classe.

    Ecole de Chilca

    Dans la cour de l'école, se trouvent plusieurs exemplaires de  monolithes Recuay : statuettes de pierre,  de 80 à 150 centimètres de haut représentant des personnages aux mains croisées, guerriers, dignitaires assis ou des femmes stylisées, parfois quelques félins, de facture rude, qui paraissent se rattacher à la culture Recuay, autrefois installée dans la région.

    Monolithe Recuay

     

     

     

     

     

     

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  • Commentaires

    4
    Mardi 28 Novembre 2017 à 18:05
    francinea

    Bonjour, c'est incroyable cette école au milieu de nulle part, du coup les enfants doivent avoir du trajet pour y aller; ils sont tous bien mignons, et très souriants; les paysages avec la vue sur la montagne sont fabuleux,  je te souhaite une bonne soirée, bisous

    3
    Mardi 28 Novembre 2017 à 12:11
    Xtian

    Bonjour Michel

    Belle découverte car ce que j'ai pu lire sur la région concerne uniquement ... les ascensions des hauts sommets !

    Amicalement

    2
    Mardi 28 Novembre 2017 à 09:47

    Bonjour Michel, quelle belle découverte ! Les paysages sont magnifiques, les portraits des enfants aussi. Et oui ce Fujimori n'était certes pas un enfant de cœur mais il avait de l'énergie et de la volonté pour sortir son pays d'une impasse. Il a contribué à donner un nouvel élan au Pérou. Pour les écoles il a entièrement raison c'est la base du développement et de la liberté pour les futurs citoyens. Et si ce n'est pas l'Etat qui ouvre des écoles, ce sont les églises adventistes qui le font à sa place, alors à choisir ... Bonne journée.

    1
    Lundi 27 Novembre 2017 à 17:34

    bonsoir Michel , ah oui ce doit pas toujours le top ces voyages en bus et ... !  les embouteillages ! dur dur  et ...

    mais après ... !   quels paysages si beaux !  la 3 et la 4  waouh j'aime +++  et après de belles rencontres avec les enfants

    et que de souvenirs pour toi et ...  merci du partage  de photos et ton récit  ...  bonne semaine  a+  amicalement

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